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LA FERTILITÉ CHEZ LES POULINIÈRES

Un bon élevage repose sur la production de ses juments. Après avoir fait en amont le travail sur la sélection de la souche maternelle, l’éleveur est confronté à la bonne fertilité de sa poulinière. Celle-ci conditionne la productivité de l’élevage et sa bonne santé économique.



Regardons les facteurs qui interviennent dans la réussite finale, c’est à dire l’obtention de la gestation de la jument et donc l’obtention d’un poulain :

• L’âge de la jument : à partir de 15 ans la fertilité des juments diminue régulièrement.

• La fertilité propre de la jument : les juments suitées sont plus fertiles que les juments maidens qui sont elles-mêmes plus fertiles que les juments vides.

• Le nombre de « bonnes » chaleurs exploitées : vous pouvez l’augmenter en mettant vos juments sous lumière pour avancer la date de la première ovulation, en détectant tous les retours en chaleur et en pratiquant des constats de gestation précoces.

• Le type de chaleur : la chaleur de lait peut avoir une moins bonne fertilité (environ 35 % contre 50 % pour une chaleur normale).

• La technique utilisée : choisir la technique de monte la plus fertile.

• Le nombre de saillies ou d’inséminations par chaleur : dans le cas d’utilisation de techniques moins fertiles (sperme réfrigéré, congelé) ou d’étalons subfertiles, la fertilité augmente si l’on augmente le nombre de saillies ou d’inséminations (2 ou 3 au lieu de 1).

Vu que de nombreux facteurs interviennent dans la qualité des chaleurs, comment l’éleveur peut-il s’y retrouver ?


La puberté a lieu vers 15 à 18 mois chez les mâles comme chez les femelles. Si vos poulains mâles et femelles vivent ensemble aux prés il est préférable de séparer les deux sexes dès le premier hiver pour ne pas se retrouver avec de mauvaises surprises…


La femelle a une activité cyclique saisonnière. La durée du cycle est d’environ 21 jours (très variable en fonction de l’individu et de la saison), avec alternance de périodes de chaleurs (acceptation de l’accouplement) et de refus (refus de l ’accouplement).

Pour détecter et suivre ces périodes, il faut passer les juments à la barre tous les 2 jours. Ce test consiste à placer la jument derrière un bat-flanc et à amener un mâle. À son contact la jument présentera des signes de chaleur ou des signes de refus.


En période de jours courts (de la mi-automne au début du printemps), la majorité des juments est en inactivité ovarienne (ovaires au repos). Elles ne peuvent être fécondées.


Les juments sont saillies ou inséminées pendant les chaleurs, tous les jours ou tous les deux jours selon la technique utilisée et jusqu’à la fin des chaleurs.


La gestation débute lors de la fécondation et s’achève au poulinage. Cette période dure environ 11 mois chez la jument mais est variable selon la saison : les gestations débutées en hiver sont plus longues que celles débutées au printemps, elles-mêmes plus longues que celles débutées en été.

Pour savoir si une jument est gestante, la technique la plus utilisée est l’échographie par voie rectale, réalisée par un vétérinaire ou par un agent des Haras nationaux spécialement habilité, dès le 15ème jour après le premier refus à l’étalon constaté.

Cette technique est la seule qui permette de mettre en évidence la présence éventuelle de jumeaux.


En effet, la gestation gémellaire n’est pas souhaitable chez la jument car bien souvent, elle avortera vers le 7 ou 8e mois. Lorsque la gestation va jusqu’au terme, la jument donne très rarement naissance à deux poulains viables.


C’est dans les trois derniers mois de gestation que le fœtus prend la majorité de son poids de naissance, et par conséquent, c’est à cette période que les besoins alimentaires de la jument augmentent. Sa ration alimentaire journalière doit être adaptée à ses besoins tout au long de la gestation et jusqu’au sevrage du poulain.


La majorité des poulinages a lieu la nuit.

La date de terme comme l’état de la mamelle et la modification morphologique de la jument ne sont pas des critères fiables pour prédire le poulinage.

Le poulinage est imminent quand la jument présente de légères coliques (tourne en rond, transpire, se couche et se relève, gratte d’un antérieur, se regarde le ventre…).


Un poulinage normal doit être rapide, c’est-à-dire moins d’une demi-heure de la perte des eaux jusqu’à l’expulsion du poulain. En cas de doute sur le bon déroulement de celui-ci, il ne faut pas hésiter à appeler le vétérinaire.


La jument revient en chaleurs entre 5 et 12 jours après le poulinage et peut donc être remise à la saillie. Ces premières chaleurs qui suivent la naissance du poulain sont appelées chaleurs de poulinage ou chaleurs de lait, mais peuvent être moins fertiles que les autres.


Le sevrage du poulain s’effectue entre le 4e et le 6e mois afin de permettre à la mère de mener à bien sa nouvelle gestation. Le but de tout éleveur est d’obtenir un poulain par jument et par an.